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Gilets jaunes : le spectre d’un retour

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Gilets jaunes : le spectre d’un retour

En 2018, la hausse du prix des carburants avait servi d’étincelle à une colère beaucoup plus profonde. Près de huit ans plus tard, alors que les prix de l’énergie repartent fortement à la hausse, l’ombre des Gilets jaunes revient forcément planer sur la France.

Un mouvement qui a marqué le pays

Le 17 novembre 2018, 282 710 personnes participent à la première journée de mobilisation, selon les données du ministère de l’Intérieur. Très vite, le mouvement dépasse les ronds-points. Paris connaît des scènes de violences majeures, l’Arc de Triomphe est saccagé et les Champs-Élysées deviennent à plusieurs reprises le théâtre d’affrontements.

Le bilan humain est lourd. Les chiffres officiels font état de 2 549 manifestants blessés, auxquels s’ajoutent 1 528 policiers et 575 gendarmes, soit plus de 2 100 membres des forces de l’ordre blessés au cours du mouvement.

Une crise qui a coûté cher

Les sinistres assurés liés à la crise des Gilets jaunes ont représenté 267 millions d’euros, essentiellement en raison des dégâts matériels et des pillages. Le coût économique réel a été supérieur, les pertes d’activité n’étant que partiellement couvertes par les assurances.

À cela s’ajoutent les mesures sociales décidées par le gouvernement. Le Sénat évaluait à 10,8 milliards d’euros les dépenses supplémentaires adoptées en décembre 2018 pour répondre à la crise.

Aujourd’hui, le parallèle doit rester prudent, mais le signal est réel. En août 2026, les prix de l’énergie ont augmenté de 16,7 % sur un an, ceux des produits pétroliers de 28,7 %, avec +36,4 % pour le gazole et +19,1 % pour l’essence.

Rien ne permet d’annoncer un retour des Gilets jaunes. Toutefois, 2018 nous a appris une chose : lorsque la question du pouvoir d’achat rencontre un profond sentiment d’injustice, une colère diffuse peut très rapidement changer de dimension. La grande différence avec 2018, c’est qu’aujourd’hui les marges de manœuvre budgétaires sont beaucoup plus faibles. La dette publique atteignait 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB. En cas de nouvelle crise sociale majeure, acheter la paix sociale coûterait donc beaucoup plus cher à un État déjà fortement endetté.

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