Contester, manifester ou défendre des idées révolutionnaires ne relève évidemment pas du terrorisme. La menace apparaît lorsque certains individus ou groupuscules considèrent la violence, le sabotage ou l’action clandestine comme des moyens légitimes de lutte politique. La DGSI insiste d’ailleurs sur cette distinction : elle ne surveille pas « l’extrême gauche » en tant que courant politique, mais les individus susceptibles de recourir à la violence.
Des cibles souvent symboliques
La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) observe depuis plusieurs années une violence visant prioritairement les symboles institutionnels, notamment les forces de l’ordre. Elle relève également le recours régulier aux actions incendiaires contre des infrastructures énergétiques ou de télécommunications, des entreprises et des institutions publiques.
À l’échelle européenne, Europol a recensé en 2025 douze attentats relevant du terrorisme d’ultra-gauche ou anarchiste : onze ont été commis et un a échoué. Le nombre était de 21 en 2024 et de 32 en 2023.
Une violence essentiellement contre les biens
Les modes opératoires restent généralement simples. En 2025, six des douze attentats recensés par Europol ont utilisé l’incendie. Les cibles comprenaient notamment des bâtiments publics, banques, entreprises, universités, infrastructures de télécommunications ainsi que des installations liées à la police ou à l’administration pénitentiaire.
La France apparaît également dans les procédures européennes : deux personnes y ont été arrêtées en 2025 pour des infractions terroristes relevant de l’ultra-gauche ou de l’anarchisme, sur 13 arrestations dans l’Union européenne.
L’ultra-gauche violente ne doit donc pas être confondue avec la contestation politique ou sociale. Le point de bascule se situe dans l’acceptation de la violence et de l’action clandestine. Aujourd’hui, le risque réside surtout dans de petits groupes ou individus capables de passer rapidement de la contestation au sabotage, à l’incendie ou à l’attaque ciblée.




