Imaginez quelques heures sans la moitié d’Internet mondial. Plus de paiements dans certains commerces, des entreprises à l’arrêt, des hôpitaux ralentis, des transports perturbés, des communications dégradées. Ce scénario paraît extrême. Il ne doit pourtant pas être balayé d’un revers de main.
Un risque systémique
Internet est décentralisé : il serait donc très difficile de « couper » la moitié du réseau mondial d’un seul geste. En revanche, une attaque coordonnée contre des câbles sous-marins, des centres de données, des fournisseurs cloud, des systèmes DNS ou des infrastructures électriques pourrait provoquer des effets en cascade considérables.
Et derrière les groupes de hackers les plus sophistiqués, il peut y avoir des États. Une telle attaque ne serait plus seulement criminelle. Elle deviendrait une arme de déstabilisation économique, sécuritaire et géopolitique. L’Union européenne reconnaît elle-même que les cyberincidents majeurs peuvent perturber des services essentiels et nécessiter une réponse coordonnée à l’échelle européenne.
Se préparer à l’improbable
L’Europe investit dans des capacités de détection, d’alerte et de réaction. Cependant l’existence d’un dispositif ne garantit jamais son efficacité face à une crise d’une ampleur inédite. La Cour des comptes européenne examine précisément la capacité de l’Union à détecter et répondre efficacement aux incidents majeurs.
La certitude que « cela n’arrivera jamais » n’a jamais constitué une stratégie de sécurité.
Anticiper l’improbable n’est pas céder à la peur. C’est éviter de découvrir nos failles le jour où il sera trop tard.




