Guetteurs, vendeurs, livreurs : les mineurs occupent une place croissante dans certains réseaux de stupéfiants. Leur recrutement n’est pas improvisé. Il répond à une logique criminelle fondée sur leur vulnérabilité, leur mobilité et leur exposition directe au risque.
Une main-d’œuvre facilement remplaçable
Dans son rapport publié en mai 2024, la commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic constate que les mineurs sont de plus en plus jeunes et nombreux sur certains points de deal. À Verdun comme à Lyon, les enquêteurs ont notamment observé le recrutement de jeunes venus d’autres villes ou départements, parfois directement par les réseaux sociaux. Cette mobilité complique leur identification, leur suivi et leur prise en charge judiciaire.
Les trafiquants limitent également les quantités de stupéfiants ou d’argent confiées à ces jeunes. L’objectif est simple : réduire les pertes en cas d’interpellation et maintenir le fonctionnement du réseau.
Depuis 2025, la loi frappe plus durement les recruteurs
La loi du 13 juin 2025 a renforcé la protection des mineurs. L’article 227-18-1 du Code pénal punit désormais de 7 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende le fait de provoquer directement un mineur à transporter, détenir, offrir ou céder des stupéfiants, ou à participer à ces actes.
L’article 227-18-2 prévoit les mêmes peines lorsqu’une offre de recrutement accessible aux mineurs est diffusée sur une plateforme ou un réseau social.
Pour les narcotrafiquants, recruter des mineurs permet de placer les plus vulnérables au premier rang. Pour la justice, l’enjeu consiste désormais à remonter jusqu’à ceux qui les recrutent et les dirigent.




