Dans le crime organisé, la violence n’est pas toujours le résultat d’une dispute qui dégénère. Elle peut devenir un véritable outil de gestion : conquérir un territoire, récupérer une dette, éliminer un concurrent ou imposer la peur.
110 morts : le dernier bilan spécifique disponible
Le dernier bilan national officiel détaillé concerne 2024. Selon les chiffres présentés par le ministre de l’Intérieur au Sénat, 367 homicides ou tentatives d’homicide entre délinquants ont été recensés, le plus souvent sur fond de trafic de stupéfiants. Ces violences ont fait 110 morts et 341 blessés.
Un point de deal représente une source de revenus. Contrôler un territoire, une clientèle ou un approvisionnement possède donc une véritable valeur économique. Dans cet univers, la violence peut servir à défendre ce marché ou à tenter de s’en emparer.
En 2025, le trafic poursuit sa progression
Le bilan définitif du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) montre qu’en 2025 les infractions enregistrées pour trafic de stupéfiants ont augmenté de 9 %. Dans le même temps, les tentatives d’homicide, toutes causes confondues, ont progressé de 4 %, tandis que 975 personnes ont été victimes d’un homicide, un niveau stable par rapport à 2024.
Menaces, passages à tabac, enlèvements ou assassinats peuvent servir à récupérer une dette, sanctionner une trahison ou intimider tout un réseau. La victime devient alors aussi un message adressé aux autres.
Dans le narcotrafic, la violence peut ainsi devenir une méthode de management criminel. Derrière l’arme, il y a souvent un territoire à défendre et surtout un marché à préserver.




