À l’heure de l’intelligence artificielle, des interceptions numériques et de l’analyse massive de données, on pourrait croire le renseignement humain dépassé. C’est exactement l’inverse : la technologie détecte et collecte, mais une source peut permettre de comprendre les intentions, les relations et les projets d’un individu. Se concentrer uniquement sur les moyens techniques serait une erreur.
La technologie ne suffit pas
En 2025, 25 332 personnes ont fait l’objet d’au moins une technique de renseignement en France et 100 813 demandes de mise en œuvre ont été soumises à la CNCTR (commission nationale de contrôle des techniques de renseignement). Parmi elles, 6 198 personnes étaient surveillées au titre de la prévention du terrorisme et 7 599 au titre de la criminalité et de la délinquance organisées.
Ces volumes considérables montrent la puissance des moyens techniques, mais aussi leurs limites. Les messageries chiffrées et les pratiques numériques de plus en plus sophistiquées compliquent l’accès aux informations utiles.
Derrière les données, il faut des hommes
Lors d’un débat parlementaire en mars 2025, un chiffre ancien mais particulièrement révélateur a été rappelé : sur 63 attentats déjoués par la DGSI depuis 2013, 61 avaient fait intervenir, à un moment donné, une source humaine ou du renseignement humain.
Un téléphone peut être intercepté et des millions de données analysées. Comprendre ce que prépare réellement un individu nécessite encore, très souvent, quelqu’un capable d’entrer dans son environnement et d’en décrypter les intentions.
CNCTR : Son rôle est de contrôler la légalité de l’utilisation, par les services de renseignement français, des techniques de surveillance : interceptions de communications, géolocalisation, accès à certaines données techniques, dispositifs de captation, etc. Elle intervient notamment avant que ces techniques soient autorisées par le Premier ministre.




