Réseaux électriques, transports, télécommunications, câbles sous-marins ou installations industrielles : frapper une infrastructure critique peut perturber un pays sans engager ouvertement une confrontation militaire.
Frapper là où cela fait mal
Une infrastructure critique n’a pas besoin d’être totalement détruite pour produire des conséquences importantes. Une coupure, une dégradation ou une interruption suffisamment longue peut affecter les transports, l’énergie, les communications et, par ricochet, l’activité économique.
La France accorde d’ailleurs une attention particulière aux réseaux ferroviaires, maritimes et aériens dans sa stratégie de sécurité nationale. À l’échelle européenne, l’énergie, les infrastructures numériques, les transports ou encore l’espace font également partie des secteurs dont la résilience doit être renforcée.
Une menace qui n’est plus théorique
Le phénomène dépasse désormais les simples scénarios de crise. En mai 2025, le Conseil de l’Union européenne a sanctionné 21 personnes et 6 entités pour des activités déstabilisatrices attribuées à la Russie. Parmi elles figuraient deux sociétés de pêche que le Conseil considère impliquées dans des missions d’espionnage et des opérations de sabotage visant notamment des câbles sous-marins.
L’Union européenne estime plus largement que les campagnes hybrides visant ses États membres se sont intensifiées et comprennent désormais sabotage, perturbation d’infrastructures critiques, cyberattaques et opérations d’influence.
Le sabotage moderne n’a donc plus forcément besoin d’explosions spectaculaires. Endommager un câble, perturber un réseau ou neutraliser temporairement un nœud logistique peut suffire à produire des effets considérables. La protection des infrastructures essentielles redevient ainsi un enjeu stratégique majeur, y compris en temps de paix.




