La défaite territoriale de l’État islamique en Syrie et en Irak n’a pas entraîné la disparition du terrorisme djihadiste. L’organisation a perdu une grande partie de ses capacités militaires et de projection, mais son idéologie, sa propagande et ses différentes branches continuent d’alimenter la menace. En France, la DGSI estime que celle-ci demeure à un niveau élevé.
Une menace qui s’est transformée
La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) constate qu’après la défaite territoriale de l’EI (État islamique), les projets préparés directement depuis la zone syro-irakienne ont fortement diminué. La menace est désormais majoritairement portée en France par des acteurs présents sur le territoire, souvent radicalisés en ligne et parfois sans lien opérationnel direct avec une organisation terroriste.
Cette évolution n’a pas fait disparaître le danger. En 2025, le terrorisme djihadiste représentait 24 des 45 attentats ou projets d’attentats recensés dans l’Union européenne, ainsi que 347 des 486 arrestations pour terrorisme. La France comptait à elle seule 64 arrestations liées au djihadisme.
L’État islamique reste actif
À l’échelle internationale, la menace demeure également structurée. En février 2026, l’ONU estimait que celle représentée par Daech s’était intensifiée au cours de la période étudiée. L’organisation reste active en Irak et en Syrie, tandis que plusieurs de ses filiales progressent notamment au Sahel, en Afrique de l’Ouest et en Afghanistan.
L’organisation adapte aussi ses méthodes : propagande numérique, recrutement, utilisation de technologies nouvelles et encouragement d’attaques menées par des sympathisants éloignés de ses zones d’implantation.
La disparition du califat n’a donc pas signé la disparition de l’État islamique. Elle a surtout transformé la menace. Moins territoriale et moins centralisée, elle repose désormais davantage sur des filiales régionales, des réseaux numériques et des individus capables de passer à l’acte avec des moyens très simples.




