Braquer, pirater, blanchir de l’argent ou exercer des violences sans disposer soi-même des compétences nécessaires : le crime organisé évolue vers un véritable marché de services. Europol constate en 2026 une montée du « crime-as-a-service », dans lequel des spécialistes proposent leurs compétences et leurs infrastructures à d’autres criminels, parfois pour une mission ponctuelle.
Des spécialistes à la carte
Hackers, blanchisseurs, fournisseurs de faux documents, logisticiens ou intermédiaires peuvent désormais travailler pour plusieurs organisations. Europol observe que davantage de réseaux se spécialisent dans une activité précise qu’ils proposent ensuite à d’autres acteurs criminels. Résultat : la barrière à l’entrée diminue, puisqu’il n’est plus nécessaire de maîtriser toute la chaîne criminelle.
Le phénomène ne concerne plus uniquement la cybercriminalité. Europol parle désormais de « violence-as-a-service » : des criminels peuvent recruter d’autres individus pour commettre agressions, enlèvements ou attaques, avec une inquiétude particulière concernant le recrutement de jeunes exécutants.
Un écosystème devenu très fluide
Le numérique facilite considérablement ces collaborations. Plateformes clandestines, messageries chiffrées et paiements en cryptomonnaies permettent de mettre rapidement en relation donneurs d’ordre et prestataires. Fin 2024, le démantèlement de la messagerie criminelle MATRIX a ainsi révélé une infrastructure de plus de 40 serveurs ; les enquêteurs avaient intercepté plus de 2,3 millions de messages dans 33 langues.
Europol estime aujourd’hui que ces modèles renforcent l’adaptabilité et la résilience des organisations criminelles, tout en permettant de développer leurs activités avec moins de risques.
L’« ubérisation » du crime n’est donc plus une simple formule. Le criminel de demain n’aura pas forcément besoin d’une organisation complète : il pourra acheter une compétence, louer une infrastructure ou recruter un exécutant. Le crime organisé fonctionne de plus en plus comme un marché où chacun vend sa spécialité.




