Les trois termes sont souvent utilisés comme s’ils désignaient la même réalité. Ce n’est pas le cas. La radicalisation décrit un processus, l’extrémisme renvoie à une idéologie pouvant légitimer la violence, tandis que le terrorisme correspond à des actes répondant à une définition juridique précise.
De l’idéologie au basculement
Pour le SG-CIPDR (Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation), la radicalisation repose sur trois critères : un changement inquiétant de comportement, l’adhésion à une idéologie extrémiste et l’acceptation de la violence comme mode d’action.
Une personne radicalisée n’est donc pas nécessairement un terroriste. Le processus peut s’interrompre avant tout passage à l’acte.
L’extrémisme renvoie davantage aux convictions et à l’idéologie. La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) surveille ainsi différentes mouvances violentes, notamment djihadistes, d’ultra-droite ou d’ultra-gauche, lorsqu’elles sont susceptibles de représenter une menace pour la sécurité nationale.
Le terrorisme est défini par la loi
En France, l’article 421-1 du Code pénal qualifie de terroristes certaines infractions lorsqu’elles sont intentionnellement liées à une entreprise visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. Meurtres, enlèvements, destructions ou certaines infractions informatiques peuvent ainsi relever du terrorisme lorsqu’elles répondent à cette finalité.
Depuis 2015, le FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste) permet aux services de l’État de centraliser et d’évaluer les signalements concernant des personnes susceptibles d’être engagées dans un processus de radicalisation à caractère terroriste.
La distinction est essentielle : avoir des convictions extrêmes ne signifie pas être terroriste, pas plus qu’une personne radicalisée ne passera nécessairement à l’acte. Le terrorisme apparaît lorsque l’idéologie se traduit par des actes destinés à intimider, terroriser ou porter gravement atteinte à l’ordre public.




