Peut-on reconnaître à l’avance quelqu’un qui s’apprête à commettre un attentat ? Pas avec certitude. La DGSI rappelle qu’aucun changement de comportement, pris isolément, ne permet de caractériser une radicalisation ou de prédire un passage à l’acte. La prévention repose sur l’accumulation et le croisement de plusieurs indices.
Un faisceau d’indices, jamais un signe unique
La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) cite notamment certaines ruptures brutales avec l’entourage, l’adhésion croissante à une rhétorique violente ou complotiste, l’apologie du terrorisme ou encore des usages numériques inhabituels. Elle insiste toutefois sur un point essentiel : aucun de ces comportements ne suffit, à lui seul, à identifier une personne dangereuse.
Le SG-CIPDR (Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation) parle lui aussi d’un « faisceau d’indices concordants » qui doit être interprété selon le profil et la situation de la personne par des professionnels formés.
Du signalement à l’évaluation
Lorsqu’une situation paraît préoccupante, le CNAPR (Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation) peut recueillir le signalement et l’orienter vers les services compétents. Les informations pertinentes peuvent ensuite alimenter le FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste), qui permet aux différents services de coordonner l’évaluation et le suivi des individus concernés.
Depuis sa création en 2014, le dispositif national a recensé 72 000 appels et signalements ; selon le SG-CIPDR, moins de 6 000 personnes signalées ont finalement été considérées comme radicalisées violentes. Ce rapport illustre précisément la prudence nécessaire dans l’analyse.
Les signaux faibles ne permettent donc pas de lire l’avenir. Ils servent à détecter une évolution préoccupante suffisamment tôt pour l’évaluer. Toute la difficulté consiste à repérer un risque réel sans transformer un comportement inhabituel, une conviction ou une rupture personnelle en présomption de terrorisme.
En cas de doute, le CNAPR peut être contacté gratuitement au 0 800 005 696, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h.




