Gagner de l’argent grâce au trafic ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir le dépenser sans attirer l’attention. Le blanchiment consiste précisément à donner une apparence légale à des fonds issus d’activités criminelles.
Faire disparaître l’origine de l’argent
Les narcotrafiquants cherchent à éloigner progressivement les profits de leur origine criminelle. Tracfin souligne en 2025 le rôle des sociétés éphémères, parfois appelées sociétés « taxis » ou « lessiveuses ». Ces structures peuvent servir à transférer des fonds vers l’étranger et constituent, selon le service de renseignement financier de Bercy, un vecteur de blanchiment de fonds provenant notamment du trafic de stupéfiants.
L’argent peut également circuler à travers différentes activités économiques avant de réapparaître sous une forme apparemment légitime. L’objectif reste toujours le même : rendre beaucoup plus difficile l’identification de son origine réelle.
Plus de 211 000 déclarations de soupçon en 2024
En 2024, Tracfin a reçu 211 165 déclarations de soupçon, soit une hausse de 13,2 % en un an. Les banques et établissements assimilés sont à l’origine de 57,2 % des signalements.
La lutte ne se limite plus à suivre les flux. Tracfin indique que son travail sur les sociétés utilisées pour blanchir des fonds issus de la fraude ou du crime organisé avait permis plus de 60 millions d’euros de saisies judiciaires à la fin du premier semestre 2025.
Le blanchiment constitue ainsi le point de passage entre l’économie criminelle et l’économie légale. Sans cette capacité à recycler leurs profits, les réseaux perdraient une grande partie de leur puissance.




