Caméras, capteurs, éclairage connecté, gestion automatisée du trafic ou analyse des flux : la « ville intelligente » utilise les données pour mieux gérer l’espace urbain. Ces technologies peuvent aussi renforcer la sécurité. La CNIL rappelle néanmoins qu’elles multiplient les possibilités de collecte et d’analyse des comportements dans l’espace public.
Une sécurité de plus en plus technologique
La vidéoprotection peut faciliter la détection d’incidents et l’exploitation des images. Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, l’État avait ainsi prévu près de 50 millions d’euros pour renforcer ces équipements, avec 400 nouvelles caméras à Paris et au moins 500 dans les communes limitrophes.
L’étape suivante est déjà engagée : des logiciels peuvent analyser automatiquement certaines images et signaler des situations particulières à un opérateur. En 2024, la CNIL a contrôlé huit communes utilisant des caméras augmentées, avec des usages très différents.
Jusqu’où surveiller ?
La technologie ne doit pourtant pas transformer progressivement l’espace public en zone de surveillance permanente. La CNIL considère que ces dispositifs présentent des enjeux importants pour les libertés individuelles. La vidéoprotection reste encadrée par le Code de la sécurité intérieure et, en France, les expérimentations de caméras algorithmiques menées lors des Jeux olympiques excluaient notamment la reconnaissance faciale.
Une ville intelligente peut donc être plus sûre. Encore faut-il qu’elle ne devienne pas une ville où chaque déplacement, chaque comportement et chaque individu seraient systématiquement analysés. Le véritable enjeu sera de trouver la frontière entre protection collective et surveillance permanente.




