Dans un trafic de stupéfiants, conserver plusieurs kilos de marchandise au même endroit que les vendeurs serait trop risqué. Les réseaux utilisent donc des « nourrices » : des personnes chargées de stocker la drogue, et parfois l’argent, loin du point de deal.
Éloigner les stocks du lieu de vente
La commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic constatait en 2024 que les trafiquants recrutent notamment des personnes vulnérables comme nourrices, guetteurs ou portiers. Le rôle de la nourrice permet de compartimenter le réseau : en cas d’interpellation d’un vendeur, l’ensemble du stock n’est pas nécessairement découvert.
Le terme peut d’ailleurs concerner aussi le stockage d’argent. À Marseille, les magistrats expliquaient au Sénat que des fonds récupérés sur les points de deal pouvaient être déposés chez une nourrice avant d’être transmis à des collecteurs.
Des quantités parfois considérables
En novembre 2025, la gendarmerie a démantelé dans l’Ain un réseau opérant notamment via Telegram. Les enquêteurs avaient identifié une nourrice chargée du stockage. L’opération a permis de saisir 30 kg de résine et d’herbe de cannabis, 1 kg de cocaïne et 5,6 kg de drogues de synthèse, ainsi que des armes et du numéraire.
En octobre 2024, une autre maison « nourrice » située dans l’Essonne abritait 1 015 kg de résine de cannabis.
La nourrice reste souvent invisible dans la rue. Elle constitue pourtant un maillon essentiel de la logistique du narcotrafic.




