La radicalisation ne commence plus forcément dans un lieu physique. Réseaux sociaux, messageries, forums ou plateformes vidéo permettent d’entrer en contact avec des personnes parfois très jeunes, isolées ou fragilisées. Les recruteurs cherchent moins un profil type qu’une vulnérabilité sur laquelle ils pourront progressivement s’appuyer. Europol constate que les écosystèmes numériques occupent désormais une place centrale dans la propagande et le recrutement terroristes.
Repérer les vulnérabilités
Un sentiment d’exclusion, une rupture familiale, une recherche identitaire ou une fascination croissante pour des contenus violents peuvent constituer des fragilités. La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) rappelle toutefois qu’il n’existe pas de profil unique : la radicalisation résulte généralement d’une combinaison de facteurs personnels, sociaux et idéologiques.
Les mineurs font l’objet d’une vigilance particulière. Europol souligne que les groupes extrémistes cherchent de plus en plus à exploiter leur vulnérabilité et leur forte présence sur les plateformes numériques.
Du contenu à la prise de contact
La propagande peut d’abord être consommée sans interaction directe. Puis certains échanges quittent progressivement les espaces publics pour des canaux plus fermés. En 2025, les autorités européennes et Europol ont examiné 81 862 contenus en ligne liés au terrorisme, conduisant au signalement de 61 412 contenus auprès de 99 hébergeurs.
Le SG-CIPDR (Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation) cite d’ailleurs la fréquentation répétée de sites ou réseaux sociaux à caractère radical parmi les éléments pouvant contribuer à un faisceau de signaux inquiétants.
Le recrutement en ligne ressemble donc rarement à l’approche brutale d’un inconnu proposant directement de rejoindre une organisation terroriste. Le processus peut être beaucoup plus diffus : exposition répétée, sentiment d’appartenance, échanges puis enfermement progressif dans un univers idéologique. C’est précisément cette discrétion qui rend le phénomène difficile à détecter.




