Électricité et télécommunications sont devenues indissociables. Une attaque suffisamment importante contre l’un de ces réseaux pourrait donc provoquer des effets en cascade : communications perturbées, services numériques indisponibles, difficultés pour les entreprises et pression accrue sur les services d’urgence. L’ANSSI considère aujourd’hui l’énergie et les télécommunications comme des cibles privilégiées de certains acteurs étatiques.
Un effet domino
Les réseaux télécoms dépendent directement de l’électricité. L’Arcep souligne que, lors des tempêtes Ciarán et Domingos, la majorité des pannes des réseaux mobiles provenait justement de ruptures d’alimentation électrique. Les réseaux fixes en fibre présentent la même dépendance.
Le black-out de la péninsule Ibérique du 28 avril 2025, qui n’était pas lié à une cyberattaque, a montré la rapidité avec laquelle un système électrique peut basculer : à 12 h 33, l’Espagne et le Portugal ont perdu quasiment instantanément leur alimentation via le réseau. La France a été protégée par ses dispositifs automatiques.
Une cible déjà très surveillée
En 2025, l’ANSSI a traité 1 366 incidents de cybersécurité. Les télécommunications représentaient 9 % des secteurs particulièrement ciblés. L’agence souligne également que les tentatives de sabotage visant les infrastructures critiques de télécommunications et d’énergie restent recherchées par certains acteurs étatiques.
Face à ce risque, la stratégie nationale de résilience impose notamment de garantir 24 heures sur 24 la disponibilité des télécommunications nécessaires aux numéros d’urgence et la permanence des réseaux de transport d’énergie.
Une attaque majeure contre ces infrastructures ne signifierait donc pas seulement quelques écrans noirs ou téléphones muets. Le véritable risque serait l’enchaînement des perturbations. Dans une société entièrement connectée, la résilience d’un réseau dépend désormais largement de celle des autres.




