Depuis plusieurs jours, les blocages de lycées se multiplient, d’abord principalement en Île-de-France. Lundi 28 septembre, près de 180 établissements avaient été touchés ou visés en France, avec 164 interpellations. Le gouvernement dénonce une « instrumentalisation politique » du mouvement.
Un mouvement hautement inflammable
Les revendications portent sur le manque d’enseignants, les classes surchargées ou l’état de certains établissements. Mais la crainte des autorités est surtout celle d’un emballement. Un mouvement lycéen peut changer de nature très vite : réseaux sociaux, effet de groupe, présence d’éléments extérieurs, affrontements avec la police. Dans ce type de contexte, un blessé grave peut suffire à élargir brutalement la mobilisation.
Le précédent Malik Oussekine
Cette prudence a aussi une mémoire. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, Malik Oussekine, étudiant de 22 ans, meurt après avoir été frappé par des policiers rue Monsieur-le-Prince à Paris, en marge du mouvement contre la loi Devaquet. L’émotion est immense. Alain Devaquet démissionne et le projet de loi est retiré deux jours plus tard.
C’est ce scénario que redoutent les autorités : qu’un incident dramatique transforme un mouvement encore dispersé en crise nationale.




