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Sans consommateurs, le narcotrafic pourrait-il survivre ?

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Le narcotrafic existe parce qu’il existe une demande. Derrière chaque point de deal, chaque cargaison importée et chaque réseau criminel se trouve, au bout de la chaîne, un consommateur prêt à payer.

La demande finance toute la chaîne

En 2025, les infractions enregistrées pour usage de stupéfiants ont progressé de 7 % et celles liées au trafic de 9 %, selon le bilan définitif du SSMSI. Ces chiffres mesurent l’activité enregistrée par les forces de sécurité et non directement le nombre de consommateurs, mais ils témoignent de la persistance d’un marché particulièrement actif.

L’argent dépensé par les consommateurs finance ensuite l’ensemble de l’organisation : approvisionnement, transport, stockage, rémunération des vendeurs et des guetteurs, puis blanchiment des bénéfices. Sans acheteur, le produit perd sa valeur et le modèle économique s’effondre.

La prévention peut réduire la demande

Les données de l’OFDT montrent qu’une évolution est possible. En 2024, 8,4 % des jeunes Français de 16 ans avaient déjà expérimenté le cannabis, contre 31 % en 2015. L’OFDT constate ainsi une division par près de quatre de cette expérimentation en moins de dix ans.

Réduire durablement le narcotrafic ne peut donc pas reposer uniquement sur l’interpellation des trafiquants ou la saisie des cargaisons. La prévention et la diminution de la consommation agissent directement sur ce qui fait vivre le marché : la demande.

Sans consommateurs, le narcotrafic ne disparaîtrait sans doute jamais totalement. Il perdrait en revanche l’essentiel de sa raison d’être économique.

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