Une escroquerie nécessitait autrefois des appels, des courriels et beaucoup de temps. Désormais, une partie de ce travail peut être automatisée. Europol estime que l’intelligence artificielle et l’automatisation permettent aux fraudeurs d’augmenter considérablement le nombre de victimes ciblées tout en personnalisant davantage leurs messages.
Des arnaques à l’échelle industrielle
Des systèmes automatisés peuvent créer de faux comptes, envoyer massivement des SMS ou des messages d’hameçonnage et adapter leur contenu à la langue ou au profil de la victime. Les outils d’IA rendent également l’ingénierie sociale plus crédible et plus rapide.
En octobre 2025, une opération soutenue par Europol a permis de démanteler une infrastructure comprenant 1 200 boîtiers SIM et 40 000 cartes SIM. Selon Europol, le système avait permis la création de plus de 49 millions de comptes en ligne et servi à commettre des fraudes contre des milliers de victimes en Europe.
Le criminel devient superviseur
La rupture est là : une fois l’infrastructure installée, une partie des opérations peut fonctionner avec très peu d’intervention humaine. Les fraudeurs peuvent alors concentrer leurs efforts sur les victimes les plus prometteuses pendant que les outils automatisés prospectent à grande échelle.
La criminalité automatisée ne signifie donc pas la disparition du criminel. Elle change son rôle. Il ne contacte plus nécessairement chaque victime : il pilote une machine capable d’en approcher simultanément des milliers. C’est cette industrialisation de l’escroquerie qui constitue la véritable menace.




