Le maintien de l’ordre français repose sur un équilibre difficile : permettre la manifestation tout en empêchant les violences. Depuis plusieurs années, cet équilibre est régulièrement discuté, notamment sur l’usage de la force et de certaines armes.
Une doctrine devenue plus mobile
Le Schéma national du maintien de l’ordre prévoit des unités plus mobiles et plus réactives face aux groupes violents, tout en maintenant un principe de dialogue avec les organisateurs et les manifestants. Il doit s’adapter à des situations très différentes, de la manifestation pacifique aux violences urbaines.
Les émeutes de 2023 ont toutefois montré les limites du dispositif. Dans un rapport publié en 2024, le Sénat estimait que le schéma existant n’était pas réellement adapté à des violences urbaines de grande ampleur et recommandait l’élaboration d’une doctrine spécifique pour ce type de crise.
L’usage de la force au cœur du débat
Le Défenseur des droits continue de contester l’emploi de certaines armes en manifestation, notamment le LBD, dont il recommande l’interdiction dans le cadre du maintien de l’ordre. Il s’interroge également sur certaines interpellations préventives et rappelle que l’objectif premier reste de permettre l’exercice du droit de manifester.
En novembre 2024, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a lui aussi demandé à la France de réexaminer l’usage des armes de force intermédiaire et de mieux garantir les principes de nécessité et de proportionnalité.
La doctrine française est donc prise entre deux exigences : répondre à des violences parfois très organisées sans transformer le maintien de l’ordre en confrontation permanente avec l’ensemble des manifestants.




